Du jus de tomate à la mer

Le philosophe américain, Robert Nozick, évoque autour du droit du premier occupant, l’épineuse question de la propriété. "Si je verse le contenu de ma boîte de jus de tomate dans l'océan, et que ses molécules s'y diffusent, doit-on en conclure que l'océan m'appartient, ou que j'ai gaspillé une boîte de jus de tomate ?"

L'art de la mémoire

"Au cours d’un banquet donné par un noble de Thessalie qui s’appelait Scopas, le poète Simonide de Céos chanta un poème lyrique en l’honneur de son hôte, mais il y inclut un passage à la gloire de Castor et Pollux. Mesquinement, Scopas dit au poète qu’il ne lui paierait que la moitié de la somme convenue pour le panégyrique et qu’il devait demander la différence aux Dieux jumeaux auxquels il avait dédié le poème.

Un peu plus tard, on avertit Simonide que deux jeunes gens l’attendaient à l’extérieur et désirait le voir. Il quitta le banquet et sortit, mais il ne put trouver personne. Pendant son absence, le toit de la salle du banquet s’écroula, écrasant Scopas et tous ses invités sous les décombres ; les cadavres étaient à ce point broyés que les parents venus pour les emporter et leur faire des funérailles étaient incapables de les identifier. Mais Simonide se rappelait les places qu’ils occupaient à table et il put ainsi indiquer aux parents quels étaient leur morts.

Castor et Pollux, les jeunes gens invisibles qui avaient appelé Simonide, avaient généreusement payé leur part du panégyrique en attirant Simonide hors du banquet juste avant l’effondrement du toit. Et cette aventure suggéra au poète les principes de l’art de la mémoire, dont on dit qu’il fut l’inventeur. Remarquant que c’était grâce au souvenir des places où les invités s’étaient installés qu’il avait pu identifier les corps, il comprit qu’une disposition ordonnée est essentielle à une bonne mémoire".

 

Le suicide des bobacs

« Au mois de mai, les bobacs sortent de leurs galeries souterraines. Ils se réunissent par centaines de mille, voire par millions,et se mettent en marche. Le chemin dans lequel ils s'engagent a trois mille kilomètres de long.

Le premier jour du voyage, une sorte de clivage se fait entre les bobacs destinés au suicide et ceux qui doivent assurer la continuité de l'espèce. Tout le monde part, mais au crépuscule quelque millions de bobacs retournent aux labyrinthes souterrains. Comment se fait le clivage ? Personne ne le sait.

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Un battement d'ailes

Les moutons de Panurge