Le mouton de Panurge

L'expression « mouton de Panurge » trouve son origine dans l’œuvre de François Rabelais (Quart Livre). Tandis que Pantagruel et ses compagnons, dont Panurge, parcourent la mer afin de consulter l'oracle de la Dive Bouteille, ils abordent un navire de commerce et font connaissance avec les passagers. Une altercation éclate entre Dindenault (le propriétaire d’un troupeau de moutons) et Panurge, le premier s'étant moqué de l'accoutrement ridicule du second.

Après le retour au calme, Panurge décide de lui acheter un mouton. La transaction est longue et difficile car le troupeau appartient à la race de Chrysomallos, le bélier à la toison d'or : d’où son coût élevé. Panurge finit par en acheter un et le jette à l’eau. Tous les autres moutons le suivent, sans se poser de questions, et se noient emportant Dindenault et les autres bergers qui tentent de les retenir en s'accrochant à eux.

Aujourd’hui, l'expression « mouton de Panurge » désigne donc une personne qui suit bêtement le comportement des autres se fond dans un mouvement collectif sans réfléchir.

 

En quoi consiste l'architecture ?

D’après Vitruve : "La proportion est le rapport que toute l'œuvre a avec ses parties, et qu'elles ont séparément, comparativement au tout, suivant la mesure d'une certaine partie. Car, de même que dans le corps humain, il y a un rapport entre le coude, le pied, la paume de la main, le doigt et les autres parties, ainsi dans les ouvrages qui ont atteint leur perfection, un membre en particulier fait juger de la grandeur de toute l'œuvre (…)

L'ordonnance d'un édifice consiste dans la proportion qui doit être soigneusement observée par les architectes. Or, la proportion dépend du rapport que les Grecs appellent analogie ; et, par rapport, il faut entendre la subordination des mesures au module, dans l'ensemble de l'ouvrage, ce par quoi toutes les proportions sont réglées ; car jamais un bâtiment ne pourra être bien ordonné s'il n'a cette proportion et ce rapport, et si toutes les parties ne sont, les unes par rapport aux autres, comme le sont celles du corps d'un homme bien formé."

 

L'effet papillon

En 1972, le météorologue Edward Lorenz donne une conférence sur le thème de la prédictibilité où il met en évidence le caractère vraisemblablement chaotique de la météorologie. Exprimée sous la forme d'une question « Un simple battement d'ailes d'un papillon peut-il déclencher une tornade à l'autre bout du monde ? », elle décrit le phénomène connu sous l'image de "l'effet papillon".

« De crainte que le seul fait de demander, suivant le titre de cet article, "un battement d'aile de papillon au Brésil peut-il déclencher une tornade au Texas ?", fasse douter de mon sérieux, sans même parler d'une réponse affirmative" Edward Lorenz précise   « Je mettrai cette question en perspective en avançant les deux propositions suivantes :

  • Si un seul battement d'ailes d'un papillon peut avoir pour effet le déclenchement d'une tornade, alors, il en va ainsi également de tous les battements précédents et subséquents de ses ailes, comme de ceux de millions d'autres papillons, pour ne pas mentionner les activités d'innombrables créatures plus puissantes, en particulier de notre propre espèce.
  • Si le battement d'ailes d'un papillon peut déclencher une tornade, il peut aussi l'empêcher. »

 

Comment le rhinocéros acquit sa peau ?

Il était une fois, dans une île déserte à la limite de la mer Rouge, un Parsi dont le chapeau reflétait les rayons du soleil avec une splendeur plus qu'orientale. Le Parsi vivait au bord de la mer Rouge avec rien d'autre que son chapeau, son couteau et un fourneau de cuisine du genre auquel il ne faut surtout pas toucher. Un jour, il prit de la farine, de l'eau, des groseilles, des prunes, du sucre et toutes sortes de choses pour se confectionner un gâteau de deux pieds de diamètre et trois d'épaisseur. Il s'agissait d'un mets supérieur (ça, c'est de la magie) et il le mit ensuite sur le fourneau car il avait le droit, lui, d'utiliser ce fourneau. Il le fit cuire, cuire, jusqu'à ce qu'il ait bruni partout et sentît divinement bon. Mais au moment où le Parsi allait manger le gâteau, voici que descendit sur la plage, venant de l'intérieur totalement inhabité, un rhinocéros avec une corne sur le nez, deux petits yeux de cochon et peu de bonnes manières. En ce temps-là, la peau du rhinocéros lui allait parfaitement. Elle ne faisait aucun pli. Il ressemblait tout à fait à un rhinocéros d'Arche de Noé, mais bien sûr en beaucoup plus gros. Toujours est-il qu'il n'avait alors pas de manières comme il n'en a pas aujourd'hui, et n'en aura d'ailleurs jamais.

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Du jus de tomate à la mer

Le philosophe américain, Robert Nozick, évoque autour du droit du premier occupant, l’épineuse question de la propriété. "Si je verse le contenu de ma boîte de jus de tomate dans l'océan, et que ses molécules s'y diffusent, doit-on en conclure que l'océan m'appartient, ou que j'ai gaspillé une boîte de jus de tomate ?"

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